Le « Programme populaire partagé » du Front de gauche, intitulé L’Humain d’abord, a été mis en ligne le 7 février. Il fait la synthèse des propositions issues du Parti communiste français et celles issues du Parti de Gauche.
Le programme dévoilé fait place à la vie associative et au dialogue civil en proposant en particulier de « renforcer les pouvoirs des instances regroupant les associations au plan national, CNDA (sic) et CPCA qui prendront une place prépondérante dans la gestion d’un Observatoire national de la vie associative ». Le Front de gauche propose également la création d’un « Ministère de l’Education populaire et des libertés associatives ». Par ailleurs, la mise en place d’un « indicateur synthétique de progrès humain » est avancée, comprenant le développement de la vie associative comme l’un des critères de cet indicateur.
Le Programme évoque également le financement de la vie associative « privilégiant les aides au fonctionnement plutôt que les aides à projet ». Mais cette politique de financement semble davantage être conçue sur une base sectorielle : politique de la ville, action sociale, sport, etc. Le Front de Gauche souhaite en outre remplacer « la circulaire Fillon du 18 janvier 2010 qui impose aux associations les critères de gestion des entreprises privées par une loi qui confortera les possibilités d’agir des associations au service de l’intérêt général et préservera les libertés associatives. » C’est une analyse différente de celle de la CPCA qui souhaite quant à elle améliorer le modèle de CPO (Convention pluriannuelle d’objectifs) contenu dans l’annexe de la circulaire du 18/01/10 et revendique l’effectivité d’un comité de suivi de la circulaire associant Etat, collectivités territoriales et associations, sous l’égide du Secrétariat général aux affaires européennes. En effet, pour la CPCA, la circulaire du 18 janvier 2010, aussi imparfaite soit-elle, a le mérite de consacrer la subvention comme un mode de financement eurocompatible et pertinent de la vie associative.
Enfin, le Front de Gauche propose, en prenant appui sur le sport, de développer un « statut du bénévole » et de favoriser un meilleur accès des femmes aux responsabilités dirigeantes dans le monde associatif.
La CPCA partage pleinement ce deuxième objectif qui doit devenir une priorité pour le mouvement associatif organisé. En revanche, elle n’est pas favorable à un « statut du bénévole » qui semble déconnecter le bénévolat du projet associatif dans lequel il s’insère. S’il ne peut y avoir d’association sans bénévole, il ne peut y avoir de bénévole sans association. Cette dialectique entre activité bénévole et projet associatif doit être préservée pour ne pas faire du bénévolat une prestation individuelle charitable mais bien une participation à un projet associatif collectif.
Soulignant la large prise en compte de la vie associative dans son projet, la CPCA espère dialoguer avec le Front de Gauche sur ces propositions que nous espérons voir précisées par le candidat Jean-Luc Mélenchon lors de l’événement de la CPCA le 10 mars prochain en présence des principaux candidats à l’élection présidentielle.