Générosité publique et devenir des associations de jeunesse et d'éducation populaire

002007-12-04-01-telethon-grosCe week-end du 3 décembre a marqué une fois encore la capacité de notre société à se mobiliser. Alors que le Département 76 a rasemblé plusieurs centaines de personnes à l'occasion de la journée internationale du bénévolat, des milliers d'associations de notre région ont contribué à la réussite d' une nouvelle édition du téléhton. Les résultats ont été au rendez-vous.

 


Les associations de jeunesse et d'éducation populaire en de nombreux endroits ont été des partenaires actifs de cette initiative. Les sites Internet que nous animons en ont rendu compte.


Pour autant, ce n'est pas sans une certaine inquiétude que nous relayons cette mobilisation. Qu'en sera-t-il en effet, dans les années à venir?

 


Les associations de jeunesse et d'éducation populaire doivent faire face à des difficultés financières de plus en plus contraignantes. Année après année, l'Etat partenaire de référence de nos organisations, se désengage, tandis que les autres collectivités publiques confrontées à des difficultés croissantes ont tendance à se replier sur leur coeur de compétences.


Les associations de jeunesse et d'éducation populaire sont invitées elles aussi, à se tourner vers la générosité publique. Mais avec quelle chance de succès ? D'abord la loi interdit à la plupart des associations de jeunesse et d'éducation populaire de procéder à des quêtes publiques, ensuite sur les fronts du mécénat et des dons, les associations de jeunesse et d'éducation populaire auront fort à faire face aux secteurs du sport, de la culture et du caritatif. Nous n'avons pas les mêmes relais dans les médias et les secteurs économiques.

 


Au bout du compte beaucoup d'associations de jeunesse et d'éducation populaire, comme certaines maladies orphelines risquent d'être les laissées pour compte de la générosité publique.


Et pourtant, au moment où l'on parle d'une réforme du code pénal qui permettrait de condamner des enfants dès l'age de 12 ans , il ne faut pas beaucoup réfléchir pour comprendre le rôle que pourraient jouer les associations de jeunesse et d'éducation populaire. Au quotidien, tout au long de l'année, elles accompagnent les enfants, les jeunes et leurs familles dans l'animation de leur vie quotidienne. Il ne faut jamais oublier que le temps libre représente plus de 40% du temps total d'une année des enfants et des jeunes. Que sera leur vie sans les associations de jeunesse et d'éducation populaire ?

 


Nos associations ont, elles aussi, besoin de financements pour assurer leurs missions, pour développer de nouveaux projets, pour qualifier les bénévoles... C'est pourquoi sans vouloir relancer le débat sur le captage de la générosité publique par certaines causes, les associations réunies au sein du Crajep ont proposé dans leur contribution au projet du Départemment 76 « seine -maritime 2020 » de créer un fonds de dotation alimenté par les pouvoirs publics, les entreprises et les habitants dont la mission serait de soutenir le développement des actions conduites par les associations de jeunesse et d'éducation populaire en mobilisant et redistribuant les fonds mis à disposition par les donateurs dans le cadre d'une campagne annuelle de mobilisation .

 

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Jean-Luc Léger
Président du
Crajep de Haute-normandie

 

 

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