Les révolutions arabes sont-elles exportables jusqu'en Europe ?
Des mouvements d’"indignés" germent dans différents pays européens, notamment en Espagne et en France : de quoi inquiéter le gouvernement ?
Dimanche 29 Mai , à Paris, place de la Bastille, quelques milliers de jeunes se sont déplacés pour la « French Révolution », ainsi désormais surnommée dans les médias. En écho à un mouvement qui est né à la Puerta del Sol de Madrid le 15 mai dernier, le mouvement s'amplifie maintenant un peu partout en Europe.
A Paris, les indignés étaient nombreux. Certains militants qui occupent la place depuis déjà une semaine parlent de 1500 personnes, d’autres médias de 3000 personnes présentes. Mais au lieu d'analyser ces chiffres, analysons le mouvement.
Voici un petit aperçu de la journée du 29 mai 2011 qui marque un tournant décisif dans cette mobilisation car – pour la première fois – il y a eu une réaction du gouvernement comme le décrit clairement #French Revolution.
Julien Kien, « citoyen engagé et indigné de la place de la Bastille » a raconté cette journée qui pourrait bien être mémorable.
Voilà déjà dix ans qu’il milite. Issu de la génération 21 avril 2002, il n’avait pas vu une telle énergie et révolte chez les jeunes depuis le second tour des présidentielles qui avait provoqué un cataclysme politique en France.
Avec le collectif du 21 avril et celui des Pas de Noms, il s’est engagé dans ce rassemblement spontané lancé d’un appel sur la toile.
Pourquoi est-il un « indigné » ? Il a entendu parler du mouvement en Espagne dans les premiers jours de son existence, et il s’est dit qu’enfin c’était le bon moment pour changer les choses.
Les facteurs étaient peut-être enfin tous réunis pour pouvoir réellement changer la donne et remettre dans les mains du peuple une démocratie qu’on leur a confisquée il y a bien longtemps. Il était d’ailleurs grand temps de se réapproprier le débat politique.
Ici à la Bastille, renommée « Paris es Sol », ce ne sont pas des professionnels de la politique qui sont là, ce ne sont pas non plus des orateurs. Ils sont en train d’apprendre sur le tas, comme en Espagne, en Grèce, au Portugal ou en Grande Bretagne. On assiste à une chose exceptionnelle : l’apprentissage de la démocratie en direct live, diffusée sur internet et accessible à tous. C’est une démocratie 2.0.