Notre région et l'énergie

eoliennesVendredi dernier se tenait à Rouen, le forum des Energies, celui-ci illustre comment la Région peut gagner en efficacité énergétique. Tour d'horizon.

La Haute-Normandie est une région qui mise énormément sur les énergies renouvelables pour créer des emplois dans les années à venir

L'année 2012 devrait être fertile en projets énergétiques pour la Haute-Normandie, l'énergie s'inscrivant dans la refondation en marche de l'industrie régionale. Le forum régional des énergies organisé vendredi dernier à Rouen par la filière Energies Haute-Normandie, au sein du conseil régional, illustre d'ailleurs les ambitions du secteur.

La Haute-Normandie est déjà la première région énergétique française sur de nombreux points: emplois, création de richesse, exportations, raffinage de pétrole même si les menaces sur Petroplus malmènent le secteur, la production d'électricité. Sur ce territoire, où la demande est plus importante qu'ailleurs en raison d'un tissu industriel important, l'énergie constitue un véritable enjeu. Au final, la Haute-Normandie grande consommatrice d'énergies avec la chimie, les engrais, le papier, le verre, pèse 41000 emplois dont 27 % en production et distribution d'énergie, et 73 % en maîtrise d'énergie (bâtiment, industrie et tertiaire).

La méthanisation en marche

Procédé biologique permettant de valoriser des matières organiques en produisant une énergie renouvelable – le biogaz -, la méthanisation fait partie des nouveaux gisements à explorer. Le biogaz est l'une des seules énergies renouvelables à pouvoir être transformée en toute forme d'énergie utile. Avec un processus optimisé, environ 500 m3 de biogaz sont extraits par tonne de matière organique traitée. 24 projets ont été identifiés dans la région, la plupart s'appuyant sur des technologies allemandes ou suisses.

« Datant de dix ans, la plupart d'entre eux transposent des technologies sans créer de valeur ajoutée en Haute-Normandie, alors que nous avons des compétences mobilisables, tempère cependant Paul Lhotellier, vice-président de la filière. En outre, ces projets sollicitent des financements publics pour assurer leur pérennité, à hauteur de 6 M€ le MW, les subventions pouvant atteindre 30 % pour équilibrer le modèle économique ».

Donc, « si la méthanisation constitue une possibilité d'activités nouvelles, a besoin d'être accompagnée financièrement (100 sites en attente de raccordement, 270 en fonctionnement), souligne Mathilde Convert, chargée de mission « biomasse » à l'Ademe, les processus restent chers et les prix doivent baisser ». Claude Taleb, vice-président de la Région (Europe Ecologie/Les Verts) et Gérard Lissot, président du conseil économique, en appellent au discernement, de manière à ne soutenir que les projets pilotes et non pas à les multiplier. « Ils devraient se compter sur les doigts de deux mains dans les quatre ou cinq ans », préconise Gérard Lissot.

L'eolien en piste

L'autre grand dossier régional est l'avènement de l'éolien offshore avec les projets de Fécamp et du Tréport, des constructions envisagées en 2015 pour des premières mises en service en 2017 ou 2018. Dans cet objectif, la filière a conçu Win, projet de site d'essai d'éoliennes tests offshore et onshore au Havre (terre et mer). Alstom, Areva, Edf, Enertrag, Nordex, Flexip sont notamment concernés, avec l'ambition de créer une plateforme de recherche en mer, contribuant au développement de la filière et de nouveaux métiers dans la région.

Au programme, deux sites d'essai en 2013 et 2014, une station en mer équipée d'instruments de mesure, un site d'essai de 15 éoliennes à Veulette-sur-Mer, une structure de recherche sur l'éolien (avec 15 labos, 70 chercheurs), sans oublier l'axe de la formation et de l'emploi, qui concerne prioritairement l'installation et la pose, la maintenance et l'exploitation. Christophe Deboos, président de Win, prévient cependant « qu'il n'y aura pas d'énergies renouvelables sans acceptabilité, sans insertion de l'activité durablement dans l'environnement », qu'il n'y aura pas non plus en Haute-Normandie « d'éoliennes sans composants français ».

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